La course parfaite !

Pour moi, « la course parfaite » décrit une performance personnelle irréprochable. C’est une course que je prépare au mieux et durant laquelle je donne le maximum pour atteindre mon meilleur niveau. C’est ce que j’ai réussi à mettre en place pour cette Mass Start à 60 de dimanche. J’ai pris deux jours de repos après les courses d’Otepaa puis j’ai commencé une préparation physique spécifique. Je savais que le site de Martell était particulièrement difficile. En effet, il se situe à 1700m d’altitude ce qui rend l’effort très particulier et le tir beaucoup plus compliqué. 

Je suis chanceux d’habiter à 1800m d’altitude et d’avoir un préparateur physique expert de ce type d’entrainement. Avec mon entraineur, ils ont donc convenu d’une programmation expérimentale. J’avais quelques séances de ski « plaisir » à faible allure sur les pistes de La Calme (entre 2000m et 2200m d’altitude). Cela m’a permis de skier avec mes ami(e)s et de profiter du merveilleux soleil cerdan. 

D’autre part, j’ai réalisé deux séances de musculation assez particulières. Je les ai effectuées dans la salle hypoxique du CREPS de Font-Romeu. Cette installation permet de réduire la quantité d’oxygène présente dans l’air. Pour mes entrainements, cette dernière était réglée pour simuler une altitude à 3500m. Ces séances étaient courtes et très intenses. Leur objectif était de stimuler le corps de manière à ce qu’il s’adapte au manque d’oxygène que j’allais rencontrer en Italie. C’était la première fois que je préparais une compétition de cette façon.

© Detlef Eckert

Jeudi, sur le premier Sprint, j’ai eu quelques difficultés au tir (8/10) et je termine 5ème derrière quatre norvégiens ! Deux jours après, sur un nouveau Sprint, j’effectue un 9/10 et termine 6ème derrière trois allemands !

Mes temps skis sur ces deux premières courses étaient très bons ! Pour la première fois de ma carrière, l’altitude ne m’a pas empêché de skier à mon niveau. Malgré cela, j’étais frustré car je pouvais faire mieux sur le tir. Il me restait une course pour terminer ma saison internationale sur une bonne note !

Samedi soir, j’ai dit aux techniciens, avec un petit sourire : « Demain les gars, je tir à 20 ! ». Je sentais au fond de moi que j’avais l’énergie nécessaire pour réaliser un tir parfait. Le dimanche matin, j’étais dans le même état d’esprit : tirer à 20 ! La course fut palpitante car j’ai toujours été dans les dix premiers. 

© Detlef Eckert

Lors du dernier tir, nous étions huit à pouvoir jouer la victoire. Malgré cela, je pensais à une seule chose : viser le noir. J’avais les jambes qui tremblaient et je me suis « battu » pour réaliser le tir parfait ! Je suis ressorti du pas de tir en 3ème position ! J’ai entamé le dernier tour en gérant mon effort pour rester au contact des deux premiers. À 1,5km de l’arrivée, l’autrichien avait quatre secondes d’avance sur l’allemand et moi. Au sommet de la plus grosse bosse, l’entraineur de l’Équipe de France me crie que l’allemand est en train de craquer et que je suis capable de rattraper l’autrichien.  

J’effectue alors une grosse relance pour revenir dans les skis de l’autrichien et je m’aperçois que la victoire se jouera entre nous deux. À 500m de l’arrivée, je décide de prendre tous les risques car je ne voulais pas d’une seconde place. Je désirais cette victoire plus que tout ! J’avais tellement fait d’effort ces derniers jours que je voulais tout donner jusqu’à la ligne d’arrivée et n’avoir aucun regret. C’est dans la dernière bosse que j’ai réussi à distancer l’autrichien… et à franchir la ligne d’arrivée en vainqueur ! 

© IBU / Harald Deubert

✨ Voilà comment j’ai réalisé une performance parfaite !

🏆 Cela m’a permis de remporter cette course et suis très heureux de terminer ainsi cette saison d’IBU Cup !

 

🎉 PS : Bonne nouvelle ! Mes derniers résultats me permettent d’être sélectionné pour la dernière Coupe du Monde d’Oslo ! Je vous en dirais un peu plus dans les prochains jours !

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Ari